الملخص
Résumé :
Soixante-dix ans après l’indépendance, le Royaume du Maroc fait de l’édification d’un État de droit un choix constitutionnel irréversible. Néanmoins, la persistance de résistances structurelles au sein de l’administration publique révèle un décalage persistant entre l’ambition normative et la réalité institutionnelle. Cet article interroge l’un des symboles les plus révélateurs de ces contradictions : le statut des auxiliaires d’autorité (cheikhs et moqaddems). En analysant l’évolution historique de ce corps — hérité du Makhzen traditionnel et consolidé sous le Protectorat —, l’étude met en lumière une anomalie juridique majeure. Soumis à une vieille circulaire de 1967 adoptée sous l’état d’exception et exclue des réformes successives de la fonction publique, ces agents évoluent dans un vide juridique protecteur qui les place sous l’autorité absolue de l’administration. Sur le plan social, cette précarité institutionnelle se traduit par des obligations illimitées, des rémunérations souvent insuffisantes et une exposition chronique à l’arbitraire. En définitive, le maintien de ce statut dérogatoire et inconstitutionnel fragilise non seulement les droits socio-économiques de ces agents, mais contredit également les engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains, constituant ainsi un frein structurel à l’achèvement de l’État de droit démocratique.
Soixante-dix ans après l’indépendance, le Royaume du Maroc fait de l’édification d’un État de droit un choix constitutionnel irréversible. Néanmoins, la persistance de résistances structurelles au sein de l’administration publique révèle un décalage persistant entre l’ambition normative et la réalité institutionnelle. Cet article interroge l’un des symboles les plus révélateurs de ces contradictions : le statut des auxiliaires d’autorité (cheikhs et moqaddems). En analysant l’évolution historique de ce corps — hérité du Makhzen traditionnel et consolidé sous le Protectorat —, l’étude met en lumière une anomalie juridique majeure. Soumis à une vieille circulaire de 1967 adoptée sous l’état d’exception et exclue des réformes successives de la fonction publique, ces agents évoluent dans un vide juridique protecteur qui les place sous l’autorité absolue de l’administration. Sur le plan social, cette précarité institutionnelle se traduit par des obligations illimitées, des rémunérations souvent insuffisantes et une exposition chronique à l’arbitraire. En définitive, le maintien de ce statut dérogatoire et inconstitutionnel fragilise non seulement les droits socio-économiques de ces agents, mais contredit également les engagements internationaux du Maroc en matière de droits humains, constituant ainsi un frein structurel à l’achèvement de l’État de droit démocratique.
الكلمات المفتاحية
Mots-clés : État de droit, Administration publique, Auxiliaires d'autorité, Moqaddem, Droits humains, Maroc, Modernisation.
النص الكامل للبحث
فتح PDF في نافذة مستقلةيمكن فتح الملف مباشرةً أو تنزيله إذا لم يدعم جهازك العرض المضمن.
أحدث الأعداد
العدد 30 · المجلد 2 · 2026المجلة المغربية للدراسات القانونية والاقتصادية، المجلد 02، العدد 30، نونبر2026
العدد 29 · المجلد 2 · 2026المجلة المغربية للدراسات القانونية والاقتصادية، المجلد 02، العدد 29 شتنبر 2026
العدد 28 · المجلد 2 · 2026المجلة المغربية للدراسات القانونية والاقتصادية، المجلد 02، العدد 28 غشت 2026